Petite histoire des gens du voyage
Les gens du voyage en France
Selon la Loi Besson du 5 juillet 2000, les gens du voyage sont des personnes, familles ou groupes dont l'habitat habituel est constitué de résidences mobiles.
Pour les sédentaires, le nomadisme peut paraître étrange. Gardons-nous de croire étrangers les gens du voyage qui, dans leur grande majorité, sont Français.
Ils apparaissent en France vers 1420. Ils se disent originaires de Petite Égypte (région de Grèce) d'où le nom d'Égyptiens en France, de Gypsies en Angleterre, de Gitanos en Espagne. Ils présentent des lettres de protection signées notamment du Roi de Bohème, d'où l'appellation de Bohémiens.
Puis, au 19e, on rencontre les Manouches, venus d'Alsace Lorraine et d'Allemagne, les Sintis de Savoie et d'Italie, les Gitans d'Espagne. Viennent ensuite les Yénisches, paysans pauvres d'Allemagne, puis les Roms d'Europe centrale et orientale.
En Mayenne, les gens du voyage sont majoritairement Manouches.
En vertu de la loi du 3 janvier 1969 applicable aux personnes circulant en France sans résidence fixe, ils sont tenus de choisir, à 16 ans, une commune de rattachement. Après 3 ans, soit à 19 ans, ils peuvent être inscrits sur les listes électorales. La même loi leur fait obligation de détenir un « titre de circulation ». Ce carnet est à la fois un justificatif d'identité, une attestation d'exercice d'une activité professionnelle ambulante, la preuve d'un mode de vie itinérant et un instrument de contrôle régulièrement visé par la gendarmerie.
De quoi vivent-ils ?
S'ils ont une grande tradition de gens du spectacle : cirques ambulants, spectacles de marionnettes et fêtes foraines, musiciens (s'il fallait n'en citer qu'un, ce serait Django Reinhardt), artistes du 7e art (et ce sera le réalisateur Tony Gatlif), ils sont, aujourd'hui, surtout commerçants ambulants, effectuent des travaux d'artisanat, des activités de service, des travaux agricoles saisonniers...
Mobilité, habileté manuelle, polyvalence, solidarité familiale sont leurs atouts, qui compensent un fort taux d'analphabétisme, l'absence de formation professionnelle et la méfiance des sédentaires.
Les gens du voyage en Mayenne
« Peu après mon arrivée en Mayenne, en 1964, j'ai rassemblé les gens du voyage qui erraient dans le département, car, à titre personnel, je n'acceptais pas les mauvaises conditions d'accueil qu'on leur faisait dans les communes. Ils m'ont fait part de leurs souhaits pour l'amélioration de leur condition. Je m'en suis entretenu avec le maire de Laval, Francis le Basser. Ancien déporté, il savait que les tsiganes avaient été malmenés par les nazis. Il a très bien compris ce que je voulais pour les gens du voyage et il a porté intérêt au sujet » - Lucien Vochel, conseiller technique auprès de Roger Frey, Ministre de l'Intérieur de 1962 à 1964 et Préfet de la Mayenne de 1964 à 1967
La ferme de la Jaunaie était vacante. Elle devint terrain d'accueil en 1967, le 1er en France. Le projet comprenait l'achat du foncier, la réalisation des sanitaires, lavoirs..., la présence d'un gardien qui y développe des actions sociales, l'intervention d'un instituteur de l'Éducation nationale (La Jaunaie comptera jusqu'à 2 classes).
En septembre 1966, naît l'AMAV (Association mayennaise des amis du voyage devenue depuis Association mayennaise d'action auprès des gens du voyage). Elle a pour but de contribuer à la promotion sociale, économique et professionnelle des populations nomades ainsi qu'à l'amélioration de leurs conditions d'accueil. En mai 1967, la ville de Laval lui délègue, par convention, la gestion du terrain de la Jaunaie. Aujourd'hui, Laval Agglomération assume directement les missions d'accueil, d'entretien et d'encaissement, tandis que l''AMAV se concentre sur l'action sociale.
