ACTUALITÉ

L'ÉLOQUENCE, UN ART QUE MAÎTRISE LES COLLÉGIENS

Ce vendredi 1er juin, l’émotion était palpable au Palais de justice de Laval. La première édition du concours d'éloquence, organisée par le Contrat de ville de l’agglomération Lavalloise et le Conseil Départemental d'Accès aux Droits (CDAD), est lancée. Des collégiens s'exprimaient à cœur ouvert devant la Cour.

Publié le

Kesako

Ce concours d'éloquence s'inscrit dans une démarche d'éducation à la citoyenneté et permet de découvrir, développer et exploiter ses talents oratoires, de travailler la force de conviction, l'élocution, l'argumentation et la prise de parole en public. 

Précisément, l'exercice était de soutenir un discours sur une des 3 thématiques suivantes : les discriminations, les adages juridiques ou l'engagement citoyen. Un vrai challenge !

« Les discriminations » a été un sujet qui a beaucoup inspiré les jeunes orateurs, offrant ainsi des moments de vive émotion parmi les spectateurs.

Un travail de longue haleine

Cette année, ce sont les élèves des collèges Alain-Gerbault, de Saint-Nicolas, et Misedon, de Port-Brillet, qui se sont prêtés au jeu. Ainsi, 49 élèves se sont portés volontaires pour tenter l'expérience.

Durant toute l'année, ils se sont préparés avec l'aide des équipes éducatives des établissements concernés mais également avec des tuteurs étudiant à la Faculté de droit de Laval.

Et c'est après une présélection, sous forme de concours interne, que 12 élèves se sont retrouvés en finale pour faire toute la preuve de leur talent, dans la salle du Palais de Justice. Qui plus est devant un jury de professionnels tels que des professeurs de droits des élus et le bâtonnier en personne. Un contexte qui ajoute sans nul doute une pression énorme aux participants...

Stress et émotion

Jugez sur leur intonation, leur gestuel, leur vocabulaire ou encore leur capacité de convaincre, les jeunes ont défendu avec pugnacité et maturité leur point de vue sur différents sujets, comme les discriminations contre les minorités ethniques, les violences faîtes aux femmes ou encore les droits des homosexuels. Des sujets qui, la plupart du temps, les touchent personnellement.

Entendre citer Rosa Parks, Martin Luther King ou bien encore Platon a marqué les esprits autant que le fait qu'ils relatent leurs propres expériences face aux incohérences qui existent toujours à notre époque.

Et si certains ont parfois un peu perdu leurs mots, tous ont montré un réel talent tant dans leur façon de s'exprimer que dans l'argumentaire qu'ils avaient construit. L'annonce des résultats n'a fait que le confirmer.

Plus de primés que de prix

Seuls 3 prix étaient prévus. Pourtant le jury a fait le choix de récompenser 5 candidats qui avaient vraiment sortis leur épingle du jeu. Et à ce moment, si chacun avait réussi à contenir ses larmes, l'annonce des résultats a fait tomber toutes les barrières. Les larmes se sont mêlées aux cris de joie, preuve de leur implication profonde dans ce projet.

La lauréate du concours, Amélia Hadjali, élève au collège Alain-Gerbault, qui a défendu vigoureusement et brillamment un sujet contre les discriminations nous explique :

On était tous bien, et quand ils ont dit mon nom je n'ai pas réalisé ! C'est en voyant mon nom écrit sur le diplôme que j'ai réalisé et là j'ai fondu en larme !

Je voulais rendre ma famille fière de moi. Mon père est d'origine maghrébine, et a été victime de réflexions et de discrimination à cause de ses origines. Je voulais vraiment faire comprendre aux gens que c'est important d'arrêter !

Grâce à ce concours j'ai beaucoup appris sur moi, et j'ai plus confiance en mes capacités. Je le referai si j'en ai la possibilité.


Un projet qui a de l'avenir

Après cette première édition couronnée d'un franc succès, les organisateurs souhaiteraient renouveler l'expérience avec plus de collèges et planchent déjà sur la prochaine édition.

Denis Waleckx, directeur académique de l’Éducation nationale en Mayenne, souligne l'importance d'une telle initiative :

Il faut que les jeunes s'approprient des thématiques contemporaines, qu'ils reformulent avec leurs propres mots. Ils doivent se saisir des lois et ouvrir leurs esprits sur le monde qui les entoure. C'est important de leur donner les moyens de s'exprimer par la parole et non par la violence, comme on peut parfois le voir. Le pouvoir des mots est sans limite.

Accéder à l'album photos complet